Interview de M. Thierry Repentin, Ministre français des affaires européennes : Nous ne voulons pas entraver la voie de Belgrade

Journaliste : Goran ČVOROVIĆ
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La France, avec l’Italie, a lancé une initiative pour que les négociations d’adhésion de la Serbie avec l’UE commencent dès la fin du mois de décembre, ce qui a été souligné dans la déclaration commune du récent sommet des deux gouvernements.
Les autorités parisiennes plaident également pour que le cadre des négociations soit le plus favorable possible de sorte que le chemin de la Serbie vers l’UE ne soit pas davantage alourdi, compte tenu des obligations qui pèsent déjà sur Belgrade. Lors d’un entretien accordé à Vecernje Novosti, le Ministre français des affaires européenne, Thierry Repentin, souligne que Belgrade dans ce sens peut toujours compter sur le soutien de son pays.

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Où en sommes-nous de l’élaboration du cadre de négociations ?

« S’agissant du projet du cadre de négociations, nous souhaitons rester le plus près possible de ce qui a été proposé par la Commission européenne, sans ajouter de nouvelles conditions. Il y a déjà beaucoup à faire. »

Selon vous, sur quoi devrait-on concentrer nos efforts ?

« La France a toujours soutenu le processus d’intégration européenne de la Serbie. Je peux en témoigner personnellement, car je siège au Conseil des affaires générales de l’UE. Bien sûr parallèlement, nous rappelons les conditions ainsi que les progrès accomplis dans leur réalisation. La normalisation indispensable avec le Kossovo en fait partie bien sûr ».

A votre avis, comment progresse-t-elle ?

« Bien. Nous soulignons les efforts positifs qui ont été réalisés lors de l’organisation des élections locales au Kossovo, et bien qu’il y ait eu des problèmes de sécurité isolés cela ne remet pas en question notre analyse positive de ces élections. »

L’Europe est encore attractive

L’Union européenne reste-t-elle aussi attractive, comme cela a été jadis le cas ?

« J’en parle également souvent devant les médias français. Nous nous demandons en permanence si l’Europe a répondu aux attentes. Oui, quand il s’agit de la paix sur le continent, du développement économique, de l’émancipation des peuples. En ce sens, je prends souvent l’exemple du processus du dialogue entre la Serbie et le Kossovo pour illustrer que l’UE est toujours attractive. Et pour le reste, ne serait-ce que pour cela, nous avons l’obligation de réussir le processus dans lequel nous nous sommes engagés ».

Comment évaluez-vous, en général, les relations actuelles entre les autorités de Paris et celles de Belgrade ?

« Nos relations n’avaient pas atteint un aussi bon niveau que l’actuel depuis longtemps. Avec mon collègue, Branko Ruzic, je me suis entretenu à deux reprises et la première fois le jour même de sa prise de fonction. Entre temps, nous avons eu plusieurs échanges ministériels. Nous souhaitons accueillir en mai le Président serbe, Tomislav Nikolic, lors de l’exposition commémorative consacrée au centenaire de la première guerre mondiale. Le représentant spécial pour les Balkans, Alain Richard, s’est également rendu en Serbie. Nous avons devant nous des projets à caractère économique, mais également à caractère culturel comme par exemple l’Ecole française à Belgrade. Nous attendons, à cet égard, des propositions des autorités serbes. »

Croyez-vous en la forte symbolique du début des négociations de préadhésion avec la Serbie en 2014 et à leur achèvement en 2018, correspondant aux dates du début et de la fin du centenaire de la première guerre mondiale ?

« Le hasard a voulu que les négociations pourraient probablement durer quatre ans. Je soulignerais que c’est un délai ambitieux qui montre l’engagement des autorités serbes. Faut-il y voir un autre signe, un signe symbolique ? Peut-être si nous constatons que tout se termine par la paix et la réconciliation ».

Dernière modification : 19/12/2013

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