L. Fabius, Ministre des affaires étrangères, au sujet de la crise des migrants

Le Ministre des affaires étrangères s’est exprimé récemment à deux reprises sur la crise des migrants dans le JDD du 23 août et le Grand-rendez Europe 1 -i-télé-Le Monde le 30 août. Ci-dessous quelques extraits de ces interviews.

Journal du dimanche du 23 août :

« (…) Cette crise est considérable, elle va durer. Nous devons répondre par la solidarité et la fermeté, en sachant qu’aucun État ne peut s’en sortir seul. En n’oubliant jamais non plus qu’il s’agit, non pas d’objets, de marchandises, mais de femmes, d’hommes, d’enfants, avec leurs espoirs et leurs souffrances. Là comme ailleurs, le couple franco- allemand peut être un moteur.
Il y a des migrants qui ont droit à l’asile et qui, au nom de la solidarité, doivent être accueillis : cela suppose notamment de mieux s’organiser dans les premiers pays d’arrivée comme la Grèce ou l’Italie, par le biais de hot spots, des lieux spécifiques où l’on peut traiter rapidement les demandes et distinguer qui relève de l’asile et qui n’en relève pas. Il y a aussi une action de fond à mener avec les pays de départ ou de transit, comme le Niger. Mais il faut également de la fermeté : les migrants qui ne peuvent bénéficier du droit d’asile doivent retourner dans leurs pays d’origine et nous devons en outre être très durs avec les réseaux de passeurs, ce qui suppose une augmentation des moyens. Je regrette que certaines forces politiques instrumentalisent cette crise, mais ce serait une faute morale et pratique de fermer les yeux sur ce qui se passe.
On parle de 800.000 réfugiés en Allemagne, dont beaucoup viennent des Balkans. C’est considérable. Il faut améliorer fortement les coopérations. Et se mettre au clair sur les réglementations afin d’accélérer les procédures tout en respectant la souveraineté des États.
Ceux qui ne peuvent pas bénéficier du droit d’asile doivent savoir clairement qu’ils se heurteront à un refus, avec obligation de retour. Si on laisse entendre le contraire, on encourage des flux encore plus massifs ».

« Grand rendez-vous » Europe 1-i-Télé-Le Monde, le 30 août :

« Par rapport à tous ces gens qui sont pourchassés politiquement, et qui viennent de pays en guerre, il faut pouvoir les accueillir. ça s’appelle les demandes d’asile et il faut pouvoir y répondre, et il faut que chaque pays y réponde. La France en fait partie, l’Allemagne aussi et les autres pays aussi. Quand je vois un certain nombre de pays d’Europe qui n’acceptent pas ce qu’on appelle les contingents, je trouve cela scandaleux. En particulier des pays qui sont à l’est de l’Europe.(…) La Hongrie fait partie de l’Europe, l’Europe a des valeurs et on ne respecte pas ses valeurs en faisant des grillages comme on ne le ferait pas vis-à-vis d’animaux (….)Il faut que les autorités européennes aient une discussion sérieuse, même sévère, avec les responsables hongrois » .

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Dernière modification : 04/09/2015

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