Le Quint rappelle à Pristina la nécessité de juger les crimes de guerre au Kosovo [sr]

Déclaration des membres du Quint

Nous sommes profondément préoccupés des efforts continuels visant à saper le travail des Chambres spécialisées, ainsi que par la grâce présidentielle du 29 décembre visant trois personnes condamnées pour meurtre dans le dossier connu sous le nom d’« affaire de la famille Hajra ». Les Chambres, en particulier, représentent un élément important de l’engagement du Kosovo en matière d’Etat de droit et du travail du Kosovo pour combattre les crimes commis sur son sol.

Les Etats du Quint sont des amis réels et de longue date du Kosovo, y compris lors des temps les plus difficiles. Avec notre appui à l’intervention de l’OTAN, le sacrifice de nos soldats au Kosovo, notre reconnaissance précoce de l’indépendance du Kosovo et notre soutien continue à votre développement, nous avons travaillé avec ardeur à soutenir votre pays. Votre succès est de notre intérêt. Pour autant, nous insisterons toujours sur le fait que le Kosovo doit soutenir la justice.

Il n’existe pas de raison d’arrêter le travail des Chambres spécialisées et nous appelons tous les chefs des corps institutionnels, les dirigeants de partis ou les membres du Parlement à renoncer à tout projet de révoquer ou renégocier tout aspect de la Loi sur les Chambres spécialisées. Une telle initiative met en cause l’engagement du Kosovo en matière d’Etat de droit et met à risque tout ce que le Kosovo a accompli. Cela place l’intérêt de certaines personnes au-dessus de l’intérêt de la société kosovare. Nous condamnons une telle approche et tout personne qui la soutiendrait rejetterait le partenariat du Kosovo avec nos pays. Nous exhortons tous les dirigeants du Kosovo et les membres de l’Assemblée du Kosovo à s’exprimer contre cette initiative et à informer honnêtement les citoyens du Kosovo des graves conséquences négatives qui en résulteraient, y compris pour l’intégration internationale et euro-atlantique du Kosovo, si le Kosovo continuait sur cette voie. Dans le même temps, nous attendons de tous les Etats qu’ils poursuivent ou coopèrent pleinement aux poursuites visant les crimes présumés commis au Kosovo.

La création des Chambres spécialisées était le seul moyen pour le Kosovo de démontrer son engagement en faveur de la justice et de l’Etat de droit et à continuer à recevoir un soutien international. Le Kosovo a progressé, au cours des sept dernières années, avec notre aide grâce à son engagement en faveur de la justice internationale. La décision de l’Assemblée de 2015 de créer les Chambres spécialisées a constitué un signe clair que le Kosovo rejetait la culture de l’impunité. Il n’y a pas eu d’arrangement entre la communauté internationale et le Kosovo concernant la création des Chambres spécialisées.

Dernière modification : 13/06/2018

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