Les 180 ans… d’une délicate attention

PNG

En 1839, alors que les institutions prévues par la constitution serbe de 1838 se mettent en place, une rivalité de plus en plus marquée se matérialise entre le Prince Milos Obrenovic et le sénat nouvellement créé. Après plusieurs semaines de tensions entre avril et juin 1839, marquées notamment par une brève et vaine révolte militaire en faveur du Prince, ce dernier doit finalement abdiquer le 13 juin 1839, en faveur de son fils Milan.

Le Prince Milos Obrenovic

JPEG

Celui-ci, ne règne toutefois que brièvement, sous le nom de Milan II Obrenovic : déjà gravement malade lorsqu’il monte sur le trône, il décède le 8 juillet. Son frère Mihaïlo lui succède sous le nom de règne de Mihaïlo III Obrenovic. Le Prince Milos, de son côté, doit quitter la principauté de Serbie. Il s’installe alors à Bucarest, en principauté de Valachie (actuelle Roumanie), tandis que sa famille demeure à Belgrade – et notamment son épouse, la princesse Ljubica Vukomanovic.

Les Princes Milan II et Mihaïlo III, fils du Prince Milos Obrenovic

PNG

Dans le contexte de crise entre le Prince et le sénat, la princesse se plaint rapidement de ne plus bénéficier d’attention ni d’égards dus à son rang de la part du conseil de régence et du sénat – qui assurent l’exercice réel du pouvoir durant l’été 1839. Dès la mi-juin, les gardes assurant la sécurité de sa résidence avaient même été retirés. La majeure partie des élites serbes ainsi que des représentants diplomatiques en résidence à Belgrade préféraient alors observer une distance prudente vis-à-vis de la famille princière, en attendant que la situation politique se clarifie.

Dans ce contexte, l’agent consulaire français à Belgrade se singularise en affichant une certaine compassion envers la princesse. Après le décès de son fils ainé, Milan II, il est ainsi un des seuls à lui exprimer publiquement des condoléances. Il n’hésite pas non plus à employer les ressources de son Agence consulaire pour aider la princesse durant l’été 1839.

La princesse Ljubica Vukomanovic, épouse du Prince Milan Obrenovic

JPEG

Dans les premiers jours d’août 1839, informé du comportement de M. Duclos vis-à-vis de la princesse, le Prince Milos dépêche un membre de son cabinet auprès de l’agent consulaire français à Bucarest, M. de Chateaugiron, pour lui faire part de ses remerciements envers M. Duclos et les autorités françaises.

Soulignant que « M. Duclos est le seul des consuls [présents en Serbie] qui prenne part à [la] douleur de mère et d’épouse [de la princesse] », le Prince se dit « pénétré de reconnaissance » envers le vice-consul français et fait également transmettre de mêmes remerciements au gouvernement du roi Louis-Philippe Ier.

Le Prince Milos ne reviendra en Serbie qu’en 1858, rappelé par le parlement pour succéder au prince Aleksandre Karadjordjevic. Il décèdera finalement en 1860, après un second règne de deux ans. Son échange indirect avec l’agent consulaire de Chateaugiron est un des premiers témoignages d’amitié franco-serbe conservés dans les archives après le rétablissement des relations diplomatiques en mars 1839.

Dernière modification : 10/07/2019

Haut de page