"Les catastrophes ne peuvent pas être évitées, mais la prévention peut être améliorée"

INTERVIEW
journaliste : Katarina Zivanovic

Belgrade - Les catastrophes naturelles ne peuvent pas être évitées, mais la prévention peut toujours être améliorée et il faut constamment investir davantage dans ce domaine, a déclaré aujourd’hui à Belgrade l’ambassadeur de France François Xavier Deniau, dans son interview accordée à Danas, se référant à la conférence des donateurs qui s’est tenue récemment et lors de laquelle des moyens importants ont été recueillis afin de réparer les dégâts causés par les inondations en Serbie et en Bosnie-Herzégovine.

Comment vous est venue l’idée d’organiser une conférence des donateurs et dans quelle mesure la France, en tant que co-organisatrice de cette conférence, est-elle satisfaite des résultats obtenus ?

JPEG

Je suis très content des résultats de la conférence. D’abord, parce qu’elle a été organisée à la suite d’un très bon dialogue au plus haut niveau entre la France et la Serbie. Comme vous le savez, le président serbe, Tomislav Nikolic, a eu des entretiens avec le président français François Hollande le 22 mai à Paris. Une grande partie de ces entretiens a été consacrée notamment aux inondations qui, les derniers précédents, avaient frappé la Serbie. Le président Nikolic avait mentionné l’idée d’une telle conférence, et c’est François Hollande qui a suggéré que la France en soit l’initiatrice. C’est le témoignage d’une grande confiance mutuelle et d’une très bonne coopération entre nos deux pays, ce dont je m’en félicite en tant qu’ambassadeur.

Avez-vous récolté les sommes prévues ?

La somme d’argent que nous avons recueillie est importante. Il s’agit d’une somme d’environ un milliard d’euros pour la Serbie, ce qui est, selon les mots de Marko Blagojevic, plus qu’espéré. Nous sommes satisfaits également du nombre de pays donateurs et du nombre de participants à la conférence. L’Union européenne à elle seule comprend 28 donateurs. Bien que l’UE soit une communauté d’Etats, les donations sont en réalité faites par les contribuables français, allemands, grecs ... et ceux des autres pays. Lorsque l’UE fait un don de € 80 millions d’euros, cela veut dire qu’environ 13 millions d’euros sont donnés par les contribuables français. En dehors de l’UE, il y a également le Japon, la Norvège, la Suisse et la Turquie qui ont donné des sommes importantes. Si la Russie avait également donné quelque chose elle aussi, le montant total aurait été supérieur à un milliard d’euros.

Néanmoins, seuls 100 millions d’euros sont une véritable subvention, alors que la somme des crédits proposés est huit fois supérieure.

La somme totale recueillie est de € 995 millions d’euros. Cette somme se compose de 106 millions de dons, et de 879 millions donnés à titre de prêts. Ces données ne sont pas strictes, car la conférence des donateurs ne concernait pas uniquement la Serbie, mais aussi la Bosnie-Herzégovine, ce qui fait que certains dons seront partagés entre les deux pays et orientés vers la reconstruction de systèmes de défense et de protection contre les inondations communs aux deux pays. Pour ces projets conjoints, une somme de € 41millions d’euros est allouée. Les crédits sont une chose normale. C’est le mode de fonctionnement des organisations et institutions internationales, et notamment des banques. Par exemple, si vous souhaitez construire une route, il est normal de prendre un crédit. Il convient de garder à l’esprit que ces crédits, tels qu’ils ont été proposés dans le cadre de la conférence des donateurs, sont extrêmement favorables. La Banque Européenne d’Investissement a promis un crédit de 300 millions d’euros dans des conditions des plus favorables. La période de remboursement de certains projets s’élève à 20 ou 30 ans, avec une période de délai de grâce de cinq ans. Les taux d’intérêts sont, dans certains cas, inférieurs à un pour cent. Techniquement, si vous regardez bien ces conditions, une grande partie de ce crédit est en fait une aide non remboursable, un don.

Quelles sont les priorités prévues dans le long terme lorsqu’il s’agit de la réparation des dégâts causés par les inondations ?

La conclusion de la conférence, qui a également obtenu l’accord du gouvernement serbe, rappelle d’abord qu’il faut d’abord réaliser les projets concernant l’amélioration des systèmes de protection contre les inondations et l’amélioration de la gestion des crises. Ceci notamment puisque nous ne savons pas ce que nous réserve l’avenir, avec le changement climatique et l’incertitude que cela comprend.

Ensuite, améliorer la coopération régionale dans les régions fluviales à risque. Il a aussi été question de la protection civile. La Serbie a décidé de faire partie du système de l’Union européenne, tirant la leçon de son expérience lors des inondations. Il (ce système de protection civile de l’UE) s’est avéré très efficace. Les autorités serbes ont demandé de l’aide à la Commission européenne le vendredi 16 au matin. La Commission Européenne s’est adressée ensuite aux États membres, et le ministre français de l’Intérieur a décidé le jour même d’envoyer des équipes de secours de notre pays. Dès la soirée, nos hommes ont pris la route vers la Serbie apportant des barques, des équipements différents, de l’aide médicale ... Dix-huit pays de l’UE ont fait la même chose. Nous avons réagi très rapidement et les pays de l’UE ont montré une grande solidarité avec la Serbie, comme si c’était un Etat membre. C’était également le sentiment qu’avaient les Serbes qui ont accueilli nos équipes de secours avec gratitude et une très grande hospitalité, malgré la tragédie qui s’est abattue sur eux. Certains membres de l’équipe française m’ont même dit qu’ils n’avaient jamais vécu rien de pareil. Ils en ont été impressionnés et très touchés.

Dans la version publiée sur le site  :

Qui sera chargé de la mise en œuvre, de la coordination et du monitoring de l’aide attribuée ?

Habituellement, c’est l’institution qui donne de l’argent - la Commission européenne ou la banque donatrice, qui contrôlent les dépenses de cet argent et la réalisation des projets. Bien sûr, cela sera fait également par la structure mise en place par le gouvernement serbe dirigée par Marko Blagojevic. Personnellement, je suis très impressionné par le travail accompli par M. Blagojevic jusqu’à présent sur l’évaluation des dégâts causés par les inondations et la coordination avec les institutions internationales en matière des besoins de la Serbie pour reconstruire et rénover. Cette tâche était une tâche considérable et il l’a remplie de manière très professionnelle, ce qui a également beaucoup contribué au succès de la conférence des donateurs.

http://www.danas.rs/danasrs/drustvo...

Dernière modification : 24/10/2014

Haut de page