Nous soutenons l’intégration européenne de la Serbie

Edition spéciale du magazine CORD, diffusé le 14 juillet 2015 avec le quotidien "Danas"
14 juillet 2015

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L’année dernière, le Président et le Premier Ministre serbes ont effectué des visites officielles en France qui ont été suivies par la visite du Premier ministre français Manuel Valls en Serbie les 6 et 7 novembre. A quel point ces visites des plus hautes autorités des deux états ont-elles renforcé la coopération entre les deux pays ?

Ces visites ont été des moments exceptionnels. Lorsque le Président Nikolic a rencontré le Président Hollande à l’Elysée, ce fut l’occasion de rappeler le centenaire de la Première Guerre mondiale et la fraternité d’armes entre Serbes et Français pendant ce conflit. Ce souvenir, toujours vivace, crée une relation spéciale entre nos deux peuples, qui nous donne envie de faire des choses ensemble. La visite du Président Nikolic se déroulait malheureusement au moment des inondations qui ont frappé votre pays, et il a demandé l’aide de notre pays pour organiser une conférence des donateurs pour réparer les dommages, ce que nous avons fait en juillet en nous associant à l’Union européenne et à la Slovénie.

Puis le Premier Ministre Vucic s’est rendu en France en juillet, il a été convenu avec le Premier Ministre Valls que nous devrions, dans l’excellente relation que nous entretenons, développer davantage les aspects économiques. Pour cela, il faut encourager les entreprises françaises à être davantage présentes sur le marché serbe. C’est pourquoi le Premier Ministre Valls, lorsqu’il a effectué sa visite en Serbie en novembre dernier, est venu accompagné d’une importante délégation d’entreprises.

Compte tenu des visites mentionnées ci-dessus, quelle est votre évaluation de l’évolution des relations économiques entre nos deux pays ?

Nous travaillons de manière continue sur ce sujet. Nous fournissons toutes les informations aux entreprises françaises, avec l’aide des institutions serbes, sur les programmes de privatisation ou de modernisation. Des sessions d’information se sont tenues en France, le représentant spécial pour les Balkans, le Sénateur Alain Richard, est venu à Belgrade une nouvelle fois en avril. Il y a eu également beaucoup de contacts facilités par la Chambre de commerce franco-serbe.

Je ressens personnellement l’accroissement de l’intérêt des entreprises françaises pour la Serbie. Je reçois fréquemment les responsables d’entreprises qui me parlent de leurs projets. La conclusion de nouveaux contrats, l’ouverture de nouvelles usines, demandent des mois de travail. J’ai déjà, depuis mon arrivée en septembre dernier, pu participer à l’inauguration de la nouvelle usine Michelin/Tigar à Pirot, et je sais que d’autres inaugurations m’attendent prochainement.

La stabilisation de la situation politique dans les Balkans, les efforts accomplis par la Serbie, ainsi que ses voisins, pour surmonter le passé et regarder ensemble vers l’avenir, voilà ce qui change en premier lieu l’approche des entreprises, et pas seulement celles de France.

Comment la Serbie se positionne-t-elle sur le radar des investisseurs français ?

La stabilisation de la situation politique dans les Balkans, les efforts accomplis par la Serbie, ainsi que ses voisins, pour surmonter le passé et regarder ensemble vers l’avenir, voilà ce qui change en premier lieu l’approche des entreprises, et pas seulement celles de France. Les entreprises ont besoin de stabilité et de prévisibilité pour pouvoir s’installer ou se développer.
La perspective européenne de la Serbie est à cet égard déterminante. Le début des négociations en 2014, les réformes économiques lancées par le gouvernement, les conditions de quasi libre-échange qui sont prévues par l’Accord de Stabilisation et d’Association avec l’UE, en vigueur depuis septembre 2013, tout cela crée de bonnes conditions pour les investissements et pour le commerce.
Par ailleurs, les entreprises françaises savent que la Serbie est en période de modernisation et elles ont d’excellentes solutions techniques, en termes d’expertise et d’équipements, à proposer.

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Les entreprises ont besoin de stabilité et de prévisibilité pour pouvoir s’installer ou se développer. La perspective européenne de la Serbie est à cet égard déterminante.

Vous évoquez la perspective européenne de la Serbie, mais l’opinion publique commence à trouver le temps long, car près de deux ans après l’ouverture officielle des négociations, aucun chapitre n’a été ouvert. S’agissant de l’intégration européenne, quel soutien la Serbie peut-elle espérer de la France ?

La France soutient sans réserve l’intégration européenne de la Serbie. Chaque jour l’ambassade et les institutions françaises, travaillent avec le gouvernement et les autres institutions serbes pour aider, concrètement, la Serbie à adapter sa législation en reprenant l’acquis communautaire, et surtout à mettre en œuvre, appliquer les réformes adoptées. Nous souhaitons vivement que des chapitres puissent être ouverts d’ici la fin de l’année et j’espère bien qu’il en sera ainsi. Mais je voudrais aussi souligner que, depuis début 2014, le temps n’a pas été perdu. Un très gros travail de préparation a été effectué, c’était nécessaire, et cela créera de bonnes bases de travail une fois les chapitres ouverts.

Dans quels domaines nos deux pays pourraient-ils améliorer leur coopération actuelle et de quelle manière la Serbie pourrait-elle montrer davantage son engagement s’agissant du respect des valeurs européennes et françaises ?

Nous sommes particulièrement présents en ce qui concerne l’agriculture, les transports, l’environnement, la réforme de l’administration publique et toutes les questions liées à l’état de droit. La progression de l’état de droit est particulièrement importante pour les citoyens serbes, mais aussi pour les entreprises et donc pour l’économie.

Nous avons beaucoup d’expérience dans tous les domaines que j’ai cités, et nous pouvons en faire bénéficier nos amis serbes, même si, je le souligne, les solutions qui vous conviennent ne peuvent être transposées toutes faites d’un autre pays, elles doivent être élaborées par la Serbie, pour la Serbie, et appuyées par la volonté politique ; nos experts ne sont là que pour aider.

J’ai déjà, depuis mon arrivée en septembre dernier, pu participer à l’inauguration de la nouvelle usine Michelin/Tigar à Pirot, et je sais que d’autres inaugurations m’attendent prochainement.

L’arrivée des entreprises étrangères en Serbie a accru l’intérêt du public serbe pour les langues et la culture des pays d’origine des investisseurs. Avez-vous remarqué de l’intérêt pour la société et la culture française ?

Je comprends parfaitement les attentes du public en ce qui concerne les investissements étrangers, et les compagnies françaises emploient d’ores et déjà en Serbie environ 10 000 personnes. Bien sûr, c’est une incitation supplémentaire à apprendre la langue. Mais l’intérêt, je dirais même l’amour pour la culture française est déjà très présent depuis longtemps en Serbie. J’ai fait ici la connaissance d’universitaires, d’artistes et de savants, qui sont en même temps de parfaits francophones et entretiennent des relations fraternelles avec leurs collègues français. Et je me réjouis de constater la richesse et le haut niveau des manifestations organisées par l’Institut français de Serbie, en relation avec les universités et les institutions culturelles et scientifiques de votre pays.
L’ambassade comme l’Institut sont très engagés dans la coopération linguistique et éducative, avec le soutien de merveilleux pédagogues serbes. Je rencontre très souvent les élèves et les étudiants francophones, pleins de vie et bourrés de talents. Je souhaiterais néanmoins que l’enseignement de la langue française progresse encore, car la langue est le vecteur et le support de tous nos échanges artistiques et intellectuels.

Est-ce qu’aujourd’hui la France s’intéresse à la région des Balkans ?

Les Balkans sont partie intégrante de l’Europe et ont joué un rôle important dans l’histoire de celle-ci, pas toujours de manière positive hélas, mais nous devons faire en sorte que ces pages-là se tournent. Les peuples des Balkans y aspirent aussi, même s’il n’est pas facile de surmonter les conflits du passé. En Europe, la France et l’Allemagne l’ont fait, cela a donné le coup d’envoi de la construction européenne et cela a permis de remplacer la guerre par les projets d’avenir. C’est exactement ce que nous souhaitons pour les Balkans. Le Président Hollande l’a réaffirmé lors du Sommet des Chefs d’Etat à Brdo en juillet 2013. Nous accueillerons en France en 2016 le prochain Sommet consacré à la coopération et aux projets économiques des pays de la région, après Berlin en 2014 et Vienne en août prochain.

Chaque jour l’ambassade et les institutions françaises, travaillent avec le gouvernement et les autres institutions serbes pour aider, concrètement, la Serbie à adapter sa législation en reprenant l’acquis communautaire.

Découvrez le supplément spécial sur la France, en langue serbe, qui a été réalisé par le magazine CORD et diffusé avec le quotidien "Danas" le 14 juillet 2015, ici.

L’interview, en serbe, de Mme l’ Ambassadeur :

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Dernière modification : 04/07/2018

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