« Parler de la guerre, c’est parler de la paix »

L’historien et universitaire Jean-Noël Jeanneney, ancien président de Radio France et de la mission d’organisation du bicentenaire de la Révolution française, a donné jeudi 6 mars au centre culturel Dom Omladine une conférence inscrite dans le cycle « Penser la guerre », organisé par l’Institut français de Serbie à l’occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale.

Cette conférence était animée par Stanislav Sretenović, historien à l’Institut national d’histoire contemporaine de Belgrade.

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Jean-Noël Jeanneney a souligné que la question de l’attribution des responsabilités du conflit n’était pas la plus importante aux yeux des historiens et des nouvelles générations, qui cherchent avant tout à comprendre le système diplomatique, les tensions, les intérêts et les perceptions des différents protagonistes de l’époque qui ont pu conduire au déclenchement de ce tragique conflit.

L’historien a rappelé qu’il est selon lui « fondamental de mettre le Centenaire au service de la construction de l’Europe » pour valoriser la mise en lumière d’un patrimoine mémoriel commun lié à cet épisode de l’histoire du continent. Il a ainsi pris l’exemple de la réconciliation franco-allemande, rendue notamment possible par une réflexion sur l’histoire partagée des deux pays, illustrée par la mise en place de manuels communs.

Jean-Noël Jeanneney s’était au préalable entretenu avec plusieurs journalistes serbes. Ses propos ont été largement repris dans la presse et peuvent être trouvés en suivant les liens ci-dessous :

- Grand format dans l’hebdomadaire Vreme. Jean-Noël Jeanneney a notamment développé son explication du climat géopolitique de l’époque.

Titre : Quand l’histoire devient hystérie.

Sous-titre : « La Serbie se sentait menacée par l’Autriche-Hongrie. La Serbie représentait, pour l’Autriche, une menace en tant que force centrifuge des pays slaves qui se trouvaient à l’intérieur de l’empire des Habsbourg. La Russie croyait qu’elle allait être affaiblie si elle ne manifestait pas sa solidarité avec les peuples slaves. Les Allemands avaient le sentiment que les voisins allaient les étouffer. La Belgique avait l’impression que l’Allemagne menaçait sa souveraineté et elle avait raison. La France se sentait menacée par l’invasion allemande de la Belgique en particulier car elle conservait le vif souvenir de l’amputation de l’Alsace et de la Lorraine. Les Anglais craignaient que la marine allemande devienne plus puissante que la britannique. »

https://www.vreme.com/cms/view.php?...

- "DANAS (8-9/3) : "" Il n’y a pas de vision juste des évènements historiques, et surtout pas d’un évènement aussi important que la 1ère GM, si on ne se rappelle pas à la fois des victimes et des héros. Un soldat ordinaire, qu’il fût français, serbe ou allemand, était à la fois un héros et une victime de ce massacre ».

https://www.danas.rs/nedelja/zan-no...

- POLITIKA (8/3) : " La Serbie a été courageuse dans la Grande Guerre"

" En France, plus personne ne traite la question de savoir qui a été coupable de la 1ère GM et on évite de distinguer les bons et les mauvais garçons".

http://www.politika.rs/scc/clanak/2...

- Interviews de JNJ : Vecernje Novosti (8/3), p. 20 : "S’agissant de la Serbie, on insiste plus que jamais sur l’immense courage de votre peuple, sur le drame de la Serbie où il y a eu beaucoup plus de victimes qu’en France ou en Allemagne. La France est reconnaissante à la Serbie et cette gratitude n’est pas perdue ».

http://www.novosti.rs/vesti/kultura...

Dernière modification : 04/07/2018

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