« Y’a-t-il des guerres justes ? » conférence de Monique Canto-Sperber

" Qu’est-ce qu’une paix juste ? " est une question tout aussi importante que celle qui consiste à savoir ce qu’est une guerre juste.

La philosophe française, Monique Canto-Sperber, directrice de l’Ecole Normale Supérieure de 2005 à 2012 et Présidente de la Fondation Paris Sciences et Lettres, a mené, mardi 14 octobre au centre culturel Dom Omladine, un débat dans le cadre du cycle « Penser la guerre », organisé par l’Institut Français de Serbie à l’occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale.

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Modérée par les universitaires Petar Bojanić et Igor Krtolica de l’Institut de philosophie et de théorie sociale de Belgrade, la philosophe a tenté de répondre à la question « Y-a-t-il des guerres justes ? », et de définir les modalités et les limites d’une justification du recours à la guerre.
Se référant aux auteurs de l’Antiquité, Monique Canto-Sperber a rappelé le caractère intemporel et résolument d’actualité d’une telle réflexion, relevant que si chacun admet aisément le qualificatif d’ « injuste » pour définir les guerres, il n’en va pas de même lorsqu’il s’agit de trouver les raisons d’une justification morale de la violence.
Elle a défendu une thèse selon laquelle l’état actuel du monde serait le produit de la tension entre la tradition morale chrétienne prohibitive, et le réformisme juridique de la période moderne qui a cherché à objectiver les critères de la guerre en remettant son règlement à une entité extérieure. La résolution de cette contradiction permettrait, selon elle, de clarifier notre conception de la Justice pour s’attacher ensuite à l’instauration d’une paix durable entre les peuples car « certaines paix sont aussi violentes que la guerre », a-t-elle souligné, prenant l’exemple des résultats mitigés du plan « post-guerre » mis en place par l’administration Bush en Irak.
Elle a ainsi défendu un modèle de résolution des conflits plus soucieux des contraintes culturelles et territoriales propres à chacune des entités belligérantes, et a plaidé pour un unique combat, celui en faveur de la liberté et de la paix, en évoquant notamment l’expansion du terrorisme à l’échelle internationale.

Dernière modification : 27/10/2014

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